Partager l'article ! Emotive: Il fait très froid, je vois une femme assise sur un trottoir, un chat dans ses bras (il porte un pull). Elle lui parle ...
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Il fait très froid, je vois une femme assise sur un trottoir, un chat dans ses bras (il porte un pull). Elle lui parle au moment où je m’approche pour lui donner quelque chose. Je lui demande si elle n’a pas trop froid et elle me répond seulement « dieu vous bénisse » qu’elle répète une deuxième fois. Je m’éloigne et je retiens mes larmes difficilement. Je ne me savais pas aussi altruiste et empathique. Ses conditions de vie et sa reconnaissance m’ont touché mais il n’y a pas que cela. Je pense que si j’ai pleuré c’est parce que j’ai été touchée par quelque chose me concernant.
Deux jours plus tard, je suis chez le gynécologue et je lui explique pourquoi j’ai arrêté la pilule pendant 2 mois (10 ans que je la prends, célibat, etc…). Il me dit que je ne risque rien avec le type de pilule que je prends, que je n’ai pas à m’inquiéter car dès que j’arrêterai, tout rentrera dans l’ordre et je pourrai tomber enceinte rapidement. Et là paf, encore envie de pleurer.
Je ne comprends pas parce que dans ma tête je n’ai jamais voulu d’enfant, je n’en ai pas envie, je ne vois pas ma vie avec un enfant. Alors pourquoi cette émotion ?
Je me suis toujours dit (conditionnée ?) que les enfants ce n’est pas pour moi, que je ne ferais pas une bonne mère et mon célibat perpétuel atteste surement de mon manque de maturité. La société nous met la pression (et moi-même bien sur), une femme doit être maternelle, elle doit vouloir des enfants, aimer s’en occuper, surtout quant les 30 ans sont passés. Mais je ne ressens pas ces choses là. J’aime mes neveux et nièces mais ce n’est pas pareil.
Les deux évènements sont peut être liés. Je me vois seule, jeune et seule, vieille et seule, sans compagnon, sans enfants, comme cette femme dans la rue. Et le médecin a cru que j’avais arrêté par peur de ne plus pouvoir tomber enceinte alors que dans mon esprit c’était plus la peur de choper un cancer à force de me gaver d’hormones ou simplement parce que j’étais célibataire depuis un bon moment… Bref. Il pense que je peux en avoir un dans le sens où à ces yeux ce ne serait pas bizarre, il pense que je l’envisage et moi ça me donne envie de pleurer.
Peut être que je devrais voir les choses différemment. Arrêter de dire que les enfants c’est l’enfer, la fin d’une vie sociale et culturelle, l’esclavage à la maison et en plus la fin du couple. Arrêter de penser que je serai une mauvaise mère. Il y a peut être d’autres alternatives qui me permettraient de m’épanouir davantage, sinon, pourquoi pleurer ?
Doria